Ligue des femmes du Québec

Fondée en 1957

     
   

CHUM

Lettre de la présidente de la Ligue des femmes du Québec publiée dans LA PRESSE   2006 12 22:

UN GÂCHIS APPRÉHENDÉ

André Pratte, dans son éditorial du 20 déc., "Construire le CHUM ", souhaite que la communauté d’affaires se mobilise pour amasser 200 millions $ pour la construction du futur CHUM. Pourquoi les gens d’affaires investiraient-ils dans un projet aussi mal ficelé, parti du mauvais pied, sur un mauvais site?

Déjà aujourd’hui, au 1000 St-Denis, l’accès pour les ambulances, les camions, les autos, les piétons et les cyclistes est toujours problèmatique et, certains jours, carrément bordélique. 

Imaginez un gigantesque chantier qui, pendant plusieurs années, amplifiera à l’extrême tous les problèmes: chaussées défoncées, bétonnières, grues et autres équipements bloquant les trottoirs et les rues.

Comme on ne dispose pas de l’espace convenable pour un projet de cette envergure, cela va vraisemblablement causer assez d’accidents, d’embarras et de dépassements de coûts pour nuire considérablement aux départements du CHUM qui opèrent actuellement au 1000 St-Denis , entraînant une perte de clientèle et, pire encore, la fuite du personnel-clé le plus en demande ailleurs.

Pourquoi les gens d’affaires associeraient-ils leur image et leur portefeuille à un tel gâchis appréhendé?

Claudette Jobin
Présidente 

 


À Montréal, le rôle des femmes en santé a été prépondérant depuis 1642, car la ville a vu le jour avec l'argent de la marquise de Bullion qui finança l'Hôtel-Dieu de Jeanne Mance et des Soeurs Hospitalières. 

Aujourd'hui, les femmes sont largement majoritaires tant chez les travailleurs de la santé que chez les bénéficiaires de services du réseau hospitalier. 

Mémoire sur le CHUM présenté à l’Office de consultation publique de Montréal le 18 décembre 2006

 

MÉMOIRE DE LA LIGUE DES FEMMES DU QUÉBEC SUR LE PROJET D’IMPLANTATION DU 
CENTRE HOSPITALIER DE L’UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL (CHUM)  AU CENTRE-VILLE

La Ligue des femmes du Québec, fondée en 1957, s'intéresse depuis longtemps au domaine de la santé et tient à souligner en premier lieu que les femmes sont très largement majoritaires dans les hôpitaux, tant comme patientes que comme membres du personnel.

Historiquement, on sait que la fondation et la survie de Montréal furent, au XVIIe siècle, indissociables du projet de l'Hôtel-Dieu de Jeanne Mance, financé par la fortune de la marquise de Bullion qui espérait bien égaler, voire surpasser l'Hôtel-Dieu de Québec, conçu et commandité par la duchesse d'Aiguillon, nièce du cardinal de Richelieu.

Quelques chiffres

Plus de trois siècles et demi plus tard, nous croyons que l'émulation a toujours un rôle à jouer dans les projets hospitaliers, et nous avons donc, pour certains paramètres, comparé le projet du CHUM au centre hospitalier que veut construire McGill (MUHC/CUSM), ce qui donne:

                                                                             CHUM                    MUHC/CUSM

Personnel, patients, visiteurs                              12 000/jour                  11 800/jour
Ambulances                                                             56/jour                       27/jour
Camions de livraison                                               80/jour                        60/jour
Parking                                                                 1 680 places                2 580 places

Problèmes permanents

  • À l'évidence, le CHUM manquera de places de parking.
  • On se demande comment il va accommoder les ambulances et les camions, vu la densité de la circulation du secteur.
  • Et que dire de la sécurité des piétons et des cyclistes?

Problèmes pendant le chantier

Pendant 4 ou 5 ans de travaux, les problèmes déjà identifiés seront multipliés par un facteur de 2 à 5 et le risque est grand de faire un tort irréparable aux services du CHUM situés au 1000 Saint-Denis. Perte de personnel, perte de clientèle, accidents, dépassements de coûts...

 Recommandation

Avant de donner le feu vert à la construction du futur CHUM  au 1000 St-Denis, la ville de Montréal doit exiger du promoteur, tant pendant le chantier qu'après, qu'il incorpore à ses plans des conditions d’accès physique égales ou supérieures à celles du projet du futur Centre universitaire McGill au site Glen.

Montréal, le 15 décembre 2006


 

Dans le dossier des nouveaux centres hospitaliers universitaires, nous avons constaté que le centre de l'Université de Montréal - le CHUM - ne se fait pas offrir une part équitable des ressources projetées. Si on laisse une telle erreur stratégique avoir lieu, la formation de nos professionnels de la santé va se dégrader et tout le Québec va en souffrir pour des générations. 

Espace publicitaire

Nous avons donc acheté de l'espace pubicitaire et fait paraître, le 13 janvier, les données suivantes pour éclairer les décideurs:

 
NOUVEAUX CENTRES HOSPITALIERS UNIVERSITAIRES 
 
78% 
des membres du Collège des médecins formés à Montréal l'ont été à l'UdeM;
81% 
des membres de l'Ordre des dentistes formés à Montréal l'ont été à l'UdeM; 
83% 
des bacheliers de l'Ordre des infirmières formés à Montréal l'ont été à l'UdeM;
100% 
des pharmaciens  formés à Montréal l'ont été à l'UdeM.
Alors, pourquoi donc offrir au CHUM seulement 
50% des lits et des milliards?

LA LIGUE DES FEMMES DU Qc

 

 

Commission parlementaire

Nous avons également pris position dans un mémoire soumis le 23 février 2005 à la Commission parlementaire spéciale sur le site du futur CHUM que vous pouvez consulter en cliquant sur :

http://www.bibliotheque.assnat.qc.ca/01/mono/2005/03/802565.pdf:

 

Intervention auprès de Daniel Johnson, notre ex-premier ministre que le Ministère de la santé paye pour évaluer les options:

Monsieur Daniel Johnson                                                                                 2005 02 25

McCarthy Tétreault

djohnson@mccarthy.ca

 

                                                   OBJET : FONDS PUBLICS ET CHUS MONTRÉALAIS

 

Monsieur,

 

Permettez-moi de revenir sur les budgets que Québec se propose d'investir en santé à Montréal.

 

Vous n’ignorez pas le faible taux de rétention au Québec des professionnels de la santé diplômés de McGill dont le rendement est quatre fois moindre que celui de l’Université de Montréal pour la formation des professionnels qui restent ici pour soigner la population. Le phénomène n’est pas récent : en 1976 et bien avant, en fait depuis toujours, selon l’ancien directeur du Montreal Star, Gerald Clark, 70 pour cent des finissants de McGill ont déjà quitté le Québec dix ans après l’obtention de leur diplôme.

 

La comparaison du rendement en santé des deux institutions au Québec montre bien que Québec serait très inéquitable en s'entêtant à offrir la moitié des nouveaux lits et la moitié des milliards à chacune, sans égard au bien public. L'inéquité apparaît pire encore quand on prend en compte le fait historique que la clientèle beaucoup plus aisée du CHU de McGill paye plus de frais optionnels comme les chambres privées et qu'elle a depuis plus d'un siècle permis aux fondations de ses hôpitaux d'accumuler des biens considérables, ce qui n'est pas le cas du CHUM.

 

À preuve, selon les derniers rapports soumis à Revenu Canada (2003) qu'on peut consulter à http://www.cra-arc.gc.ca/tax/charities/menu-f.html, il appert que  les actifs nets des fondations de l’Hôpital General de Montréal  et celle de l’Hôpital Royal Victoria totalisent 149,4 millions $.  Par comparaison,  celles des hôpitaux St-Luc, Hôtel-Dieu et Notre-Dame, regroupées en 1997 dans la Fondation du CHUM, ne déclarent aucun actif net.

 

Disposant pour sa part d’un actif net dépassant le milliard $,  le Royal Institution for the advancement of learning - McGill University a recueilli en 2003 des dons déductibles de l’impôt totalisant 138,8 millions$ soit 8 fois plus que les 17,1 millions $ recueillis par l’Université de Montréal.

 

En qualité d'ancien premier ministre soucieux du bien public, il me semble que personne n'est mieux placé que vous pour attirer l'attention de MM. Charest et Couillard sur le besoin urgent où nous sommes de refaire à la lueur des faits qui précèdent les calculs du partage des fonds publics pour les CHUs de Montréal.

 

Espérant vous avoir convaincu d'aider le Québec à s'aider soi-même, en n'ayant pas honte de regarder les chiffres avant de décider, comme l'Ontario l'aurait fait sans hésitation, je vous prie d'agréer, Monsieur Johnson, mes salutations distinguées.

 

 

Claudette Jobin

Présidente de la Ligue des femmes du Québec 

 

c.c. M. Jean-Luc Mongrain, TQS

 

Réponse de Daniel Johnson, datée du 2005-02-27

Madame Jobin,
 
Je constate que notre conversation d'il y a quelques semaines n'a en rien corrigé les très mauvaises conclusions que vous tirez des données objectives existantes dans ce dossier, que je vous ai livrées de bonne foi et de long en large.  Je constate aussi que vous plaidez en plus en faveur de la prise en compte des sommes qui se trouvent dans les fondations pour diminuer le niveau de financement public dans la santé: la logique impose que vous appliquiez ce raisonnement à l'ensemble des institutions subventionnées tant dans le domaine de l'éducation que de la santé à la grandeur du Québec, à moins que je ne comprenne encore une fois de votre propos, malheureusement, que vous vous attardez pesamment sur les divisions linguistiques que vous semblez affectionner.  En effet, j'imagine que vous trouverez logique et juste d'ajuster à la baisse les subventions de fonctionnement aux CEGEPS ou centres d'accueil, par exemple, selon les montants que leurs bénévoles auront ramassé pour le compte de leurs fondations.
 
Daniel Johnson