Ligue des femmes du Québec

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BELL Canada a pendant 12 ans payé un homme pour se déguiser en femme. Maintenant, elle nous propose un couple de castors mâles. Nous croyons que cette compagnie devrait se poser des questions...

2005 12 01

Monsieur James M. Little
Premier Vice-président Marketing
Bell Canada
1000 de la Gauchetière ouest
Montréal (Qué)  H3B 4Y7

                                                   Objet : Place aux femmes dans la publicité de Bell- suite

Monsieur,

Après avoir payé pendant 12 ans un homme pour se déguiser en femme dans votre pub en français, voici que votre publicité télévisée tant en anglais qu’en français  nous présente deux castors à qui sont attribuées des voix masculines. Comme mesure pour rétablir l’équilibre, franchement, c’est raté! Les actionnaires et les clients et clientes de Bell s’attendent à mieux de votre part.

Agréez, Monsieur, mes salutations distinguées.

Claudette Jobin
Présidente 


 

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Nous nous sommes adressées à la ministre du Patrimoine, Liza Frulla, pour réclamer des mesures pour que le rôle des femmes dans la tradition orale, dans l'écriture et dans l'histoire cesse d’être pratiquement ignoré dans la décoration de la Bibliothèque nationale.

Madame Liza Frulla                                                                                           2005 09 16
Ministre du Patrimoine canadien et
Ministre responsable de la Condition féminine
Édifice Jules-Léger, 12ième étage
Gatineau (Qué)  K1A 0M5

                                     Objet : Sexisme à corriger - Bibliothèque nationale et Archives

Madame la ministre,

Inauguré en 1967, l'immeuble de la Bibliothèque nationale et des Archives canadiennes est décoré de telle sorte que le rôle des femmes dans la tradition orale, dans l'écriture et dans l'histoire est pratiquement ignoré, ce qui constitue une occasion en or pour une ministre comme vous de redresser en partie la situation, qui détonne dans ce haut lieu de transmission du savoir.

La prochaine fois que vous irez au 395 rue Wellington ouest, je vous invite, en entrant, à étudier les panneaux de verre gravé de l'artiste John Hutton. Côté ouest, trois panneaux traitent de la tradition orale avec l'Orateur, le Raconteur et le Comédien. Côté est, trois panneaux traitent de la tradition écrite avec un scribe assyrien, deux moines et un imprimeur.

 Donc, sur les six fonctions illustrées, rien pour les femmes. Ce n'est pas seulement mesquin, c'est ignare! En tradition orale, les femmes ont un rôle prépondérant dans l'enseignement de la langue maternelle, la transmission des contes, des coutumes et des histoires de famille, et il y a longtemps qu'elles excellent dans les métiers de comédienne ou encore d'animatrices à la radio et à la télé. Quant à la tradition écrite, les Iroquoises et leurs wampums, les enseignantes et leur tableau noir, sans parler des sténos et des dactylos, sans lesquelles les ministères n'auraient pu fonctionner en 1967, rien de cela n'a été retenu.

Côté nord, les panneaux proposent quelques grands noms de la littérature. Sur 16 écrivains, on ne retrouve qu'une femme: Sappho.  Avouez que la proportion est plutôt décevante. Et la comtesse de Ségur ? Et Georges Sand ? Et madame de La Fayette ? Et la Marquise de Sévigné ? Et Jane Austen? Et les soeurs Brontë?

 Ainsi donc, d'un regard circulaire, quelqu'un qui veut admirer ce qu'on propose comme modèles à l'étage de la réception, trouve 100% des fonctions et 94% des auteurs illustrés par des hommes. 

La représentation des femmes est à peine plus satisfaisante sur les autres étages, si bien qu'on est forcé de conclure qu'il y a eu une grande négligence de la part des concepteurs des années soixante à l'égard des femmes.  Par conséquent, il y a du rattrapage à organiser pour améliorer la situation, et il me semble qu'un plan devrait être élaboré par votre personnel à cet effet. Pour les 40 ans de l'inauguration de la bibliothèque en 2007, ne serait-il pas opportun de décrire les femmes et leur rôle à la lueur des faits plutôt que des préjugés?

Espérant que vous aurez à coeur de trouver le moyen de redresser une situation qui est de moins en moins tolérable à mesure que le temps passe, veuillez agréer, Madame la ministre, mes salutations distinguées.

Claudette Jobin
Présidente

Monsieur Ian E. Wilson, Bibliothécaire et Archiviste du Canada, convient des corrections à faire à la faveur d'éventuelles rénovations de l'édifice:

 


Toponymie

Tant dans les dictionnaires que dans les places publiques, les femmes sont sous-représentées. Et l'ardeur mise à leur rendre hommage reste généralement en deça de celle qu'on déployerait s'il s'agissait d'un homme. On n'a qu'à comparer les cas de Jeanne Mance et de Paul Chomedey de Maisonneuve pour s'en convaincre.

Co-fondatrice de Montréal, Jeanne doit se contenter d'une place secondaire dans le monument de la Place d'Armes, conçu surtout pour donner du panache à Paul qui brandit son étendard au sommet, tandis que Jeanne reste accroupie en bas.

La rue Jeanne-Mance est également moins prestigieuse que le boulevard de Maisonneuve. Mais au moins, le nom de la rue comprend le prénom Jeanne, ce qui indique clairement qu'il s'agit d'une femme.

Sophie Barat, Marguerite Bourgeoys, la marquise Angélique de Bullion et Marguerite d'Youville n'ont pas eu la même chance que Jeanne Mance: leur prénom n'a pas été retenu quand on a décidé de la toponymie du chemin Barat, de la rue Bourgeoys, de la rue de Bullion et de la place d'Youville

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Depuis des années la Ligue tente de faire redresser cette anomalie... Un exemple parmi 100:  notre intervention parue dans le courrier des lecteurs du journal Le Devoir en février 2003:

http://www.ledevoir.com/2003/02/05/19748.html


En mars 2005, le conseil municipal a voté pour que la rue d'Youville devienne la rue Marguerite-d'Youville. Pour la periode de transition, le nouveau nom est affiché à côté de l'ancien, comme on le voit ici.

Voici la dernière en date de nos interventions:

2005 01 31
Madame Karin Marks, maire 
Arrondissement Westmount
4333 rue Sherbrooke ouest
Westmount H3Z 1E2

OBJET: BARAT ROAD - CHEMIN SOPHIE BARAT

Madame la maire,

           Dans votre arrondissement, au coin de Wood, on peut lire "Barat Road" sur un panonceau qui remonte à l'époque où Westmount se faisait un point d'honneur de n'utiliser que l'anglais. 
          Quand vous le mettrez à jour, ce qui ne saurait tarder, nous suggérons que vous profitiez de l’occasion pour rajouter le prénom Sophie, afin de montrer à tous que la toponymie de Westmount n'est pas un hommage rendu exclusivement aux hommes à part l'exception de l'avenue Victoria, mais que la règle de l'exclusivité masculine s'accommode d'une deuxième exception, celle du chemin Sophie-Barat.
          Après celui de la reine Victoria et de la sainte Sophie Barat, souhaitons qu'un jour le nom d'autres femmes figure dans la toponymie pour que le présent déséquilibre entre les genres se corrige éventuellement.
          Entretemps, nous comptons sur vous, Madame la maire, pour transformer Barat en Sophie-Barat ce qui cessera d'occulter le fait qu'il s'agit d'une femme.
          Agréez mes salutations distinguées.

Claudette Jobin, présidente 

c.c. Mme Céline Tupp, directrice, Service de développement économique et urbain,Ville de Montréal.

La réponse de Madame Marks est reproduite ci-contre.

Plutôt tiède, la maire promet: "...lorsque, et si la question est étudiée, vos suggestions seront certainement prises en considération."